Alors que l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour le Ville) lance un appel à la suppression des notes, différents avis se côtoient sur le net qui soulèvent un réel problème.

D’une part, nombreux sont ceux qui pensent que les notes favorisent les inégalités sociales. Depuis une trentaine d’années, beaucoup constatent que l’écart se creuse entre forts et faibles, entre filles et garçons, entre enfants des milieux populaires et enfants des familles aisées. Tous s’accordent à dire que les notes reproduiraient les inégalités sociales… !?!

Aurait-on oublié qu’avant 1970, l’ascenseur social fonctionnait très bien malgré les notes et même si le système n’était pas parfait ? Laurent Lafforgue, mathématicien et ancien Académicien des sciences car démissionnaire, et pour ne citer que lui, a, depuis longtemps, constaté que depuis les années 70 il y a de moins en moins de mathématiciens d’origine populaire, fils d’ouvrier, fils de paysan. Rappelons-nous également qu’avant, un enfant élevé dans un milieu illettré pouvait apprendre à lire, alors que maintenant, un enfant issu d’un milieu lettré peut ne pas arriver à apprendre à lire. Alors… les notes sont-elles vraiment responsables de ces inégalités sociales ?

D’autre part, nombreux sont ceux qui pensent que les notes dévalorisent les enfants et qu’elles contribuent à empêcher le développement de l’estime de soi, de la confiance en soi. Et ça et là, nous lisons que les notes sont devenues le centre des relations entre les parents et leurs enfants, qu’elles parasitent leur dialogue, que l’enfant est réduit à ses notes, que la confiance en soi est indispensable à la réussite scolaire mais qu’elle manque de plus en plus, que les pédopsychiatres reçoivent de plus en plus d’enfants « malades de l’école » car les évaluations négatives font naître un sentiment fort d'incompétence et la personne finit par penser qu'elle est nulle. Lu également : « Et moins les parents ont de temps à consacrer aux relations avec leurs enfants, plus se renforce l'importance donnée aux signes visibles que sont ces résultats chiffrés ». Oui, pourquoi pas ? Mais… et si le manque de confiance en soi avait une autre source que les notes ?

Reprenons : les notes existent depuis… fort longtemps, l’ascenseur social fonctionnait très bien avant les grandes réformes de pédagogies en vogue depuis 1970, or, depuis 1970, les inégalités sociales se creusent et de plus en plus d’enfants souffrent à l’école, manquent de confiance en eux… Les notes sont-elles toujours responsables ? Ou seraient-ce plutôt les sacrosaintes pédagogies en vogue depuis 1970 ?

C’est écrit dans la constitution, nous sommes tous égaux en droits. Qu’est-ce que cela veut dire ? Pour moi, cela veut dire que nous avons tous le droit de bénéficier d’un enseignement qui aide chacun à donner le meilleur de lui-même par rapport à sa personnalité et son mode de fonctionnement. Car, si nous sommes tous égaux en droits, nous sommes tous différents ! C’est ce qui fait la richesse de notre monde d’ailleurs. Chacun a son mode de fonctionnement particulier, ses dons, sa sensibilité qui font que bien qu’égaux, nous sommes tous différents. Pour que ces différences puissent se révéler, s’épanouir, l’enseignement à un rôle non négligeable. En effet, l’enseignement doit permettre à chaque enfant d’apprendre et d’aimer apprendre et, pour ce faire, il faut que l’enseignement respecte l’enfant dans son mode de fonctionnement et selon ses spécificités. Si l’enseignement est respectueux, chaque enfant peut développer une bonne estime de lui-même, ainsi que sa confiance en lui. L’enseignement aujourd’hui respecte-t-il l’enfant ?

Il suffit de lire les écrits d’Elisabeth Nuyts pour voir le problème sous cet angle. Ils démontrent largement que ces pédagogies nouvelles obligent l’utilisation privilégiée du cerveau droit. Or, rien n’est plus réducteur pour les enfants à dominante cerveau droit, ni plus destructeur pour les enfants à dominante cerveau gauche que ces pédagogies, car elles vont à l’encontre du fonctionnement de l’enfant. Joseph Vaillé affirme même que « Quel que soit le mode cognitif auquel se rattache un enfant, le contrer dans sa manière d’être, c’est l’entraver ». N’ayant pas les moyens d’apprendre selon son mode d’intelligence, l’enfant est mis en échec et se croit incapable, nul. Il n’a aucune estime de lui et aucune confiance en lui.

Et si la vraie égalité des chances était d’utiliser des pédagogies qui conviennent à tous, dans le respect de chacun ?

Comme le journaliste américain Peter Gumbel le dit : « Le bien-être et le bonheur favorisent l'apprentissage ». Finalement, nous nous apercevons, nous familles qui instruisons nos enfants à la maison, que nous avons trouvé une solution, qui, même si elle n’est pas parfaite et ne plaît pas à tout le monde, a de nombreux avantages. Nous accordons beaucoup de temps à notre enfant, nous sommes à l’écoute, nous respectons son rythme, son mode de fonctionnement, sa personnalité, nous cultivons sa confiance en lui, ses dons… et tout ça, sans note !