Le gouvernement affirme dans son projet de loi[1] "Aujourd’hui, la scolarité à l’école maternelle est le moment où se préparent les apprentissages fondamentaux et donc les réussites futures. Elle est donc tout à la fois le tremplin vers la réussite, le foyer de l’épanouissement des élèves et le creuset de la réduction des inégalités sociales."

Or, en 2007, le rapport du Haut Conseil de l'Éducation mettait déjà en évidence le fait qu'un quart des élèves était en échec scolaire dès le début du CP et le restait toute leur scolarité. Ce rapport montre bien que le problème vient du fonctionnement de la maternelle. Ce n'est donc pas en rendant obligatoire l'instruction à 3 ans que le niveau des enfants va s'améliorer ! Loin de là... De réforme en réforme, force est de constater que le niveau général est toujours en baisse constante.

Ce projet de loi n'est porté par aucune raison valable

en faveur du bien des enfants,

ce n'est pas une demande du peuple français.

Il y a cinquante ans, tous les enfants qui allaient à l'école apprenaient à lire, même ceux qui étaient d'un milieu social défavorisé, qui appartenaient à une famille illettrée ou même analphabète. Aujourd'hui, de plus en plus d'enfants apprennent à lire chez l'orthophoniste, même dans des familles lettrées ! "l’égalité entre tous les enfants de France, sans distinction aucune"[2] est un mensonge de la République.

Peut-être conviendrait-il mieux notamment de revoir en profondeur l'apprentissage de la lecture ? Le Docteur Ghislaine Wettstein-Badour était claire sur ce principe : des enfants ayant certains profils pédagogiques peuvent être complètement détruits par l'obligation de reconnaître des mots outils en maternelle, même s'ils ont la chance d'apprendre à lire au CP avec une méthode syllabique. En effet, imposer aux enfants, dès la petite section de maternelle, de reconnaître leur prénom, les jours de la semaine... est un apprentissage forcé par méthode globale, qui peut engendrer un véritable chaos dans le cerveau d'enfants.

Cette mesure d'obligation d'instruction dès 3 ans va à l'encontre de tous les objectifs recherchés, y compris du respect d'autrui prôné par le gouvernement dans son nouveau projet de loi qui prétend que : "L’objectif de l’école primaire est de transmettre les savoirs fondamentaux à tous les élèves : lire, écrire, compter et respecter autrui." La maternelle est, dorénavant, le lieu qui prépare l'échec scolaire d'un quart des enfants.

De plus, la scolarisation à 3 ans n'est pas préconisée dans les nombreux pays bien mieux placés dans les classements PISA[3] ou autres que la France, ce n'est donc pas du tout un argument opposable pour une amélioration du niveau d'instruction des enfants.

C’est par la liberté pédagogique que l’instruction pourra se redresser

et non par des répressions toujours plus importantes.

La volonté d’instruire (éduquer) les enfants à partir de 3 ans s’appuie sur une volonté d’égalité et de chance pour tous. Or, les enfants n’ayant pas le même mode de fonctionnement, ni les mêmes facilités dans les mêmes domaines, ni les mêmes dons, cette égalité prônée par la République qui veut rendre obligatoire l’acquisition des mêmes notions, des mêmes compétences, exactement au même moment, est un leurre, surtout dès 3 ans. Cette égalité ne convient pas à un nombre grandissant d’enfants qui cumulent toujours plus, d’ailleurs, les dysfonctionnements en tous genres, uniquement parce qu’on ne leur a pas laissé le temps d’apprendre selon leurs besoins.

La vraie égalité consiste au contraire à permettre à chaque enfant

de développer au maximum ses propres capacités,

en donnant à chacun ce dont il a besoin.

C’est exactement ce en quoi consiste la démarche des parents qui veulent instruire leurs enfants : respect des dons, respect des rythmes, respect des fonctionnements cérébraux, respect des besoins qui sont individuels. L’individualisation des apprentissages est au cœur de notre instruction, ce qui n’est pas forcément en adéquation avec les paliers du socle commun prévus par l’Éducation nationale, socle en constante modification.

L’instruction en famille est une forme d’instruction tout autant légitime que l’Éducation nationale, et l'IEF s’inscrit pleinement dans la volonté d’une société plus juste où chacun pourra trouver sa place après avoir développé le meilleur de lui-même.

Les parents sont et doivent rester

les premiers éducateurs de leurs enfants[4].

Seuls les états totalitaires veulent se substituer aux parents

pour éduquer les enfants

L’unique mission de l’école est d’instruire nos enfants lorsque les parents le souhaitent et l’unique mission de l’État dans ce domaine est d’aider les familles en proposant des structures adéquates, non en leur imposant quoi que ce soit.

Nous, parents qui instruisons nos enfants, ne voulons pas de « l’instruction obligatoire à 3 ans ».

Nous souhaitons continuer à instruire nos jeunes enfants librement.

Nos enfants n’appartiennent pas à l‘État et c’est à nous parents, premiers éducateurs de nos enfants, que revient la responsabilité de l’éducation de nos enfants.

A l'école : un système unique...

En IEF : un enfant unique !


Catherine.pour.cise@gmail.com


Voltaire : "Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants. Si vous faisiez valoir comme moi une terre, et si vous aviez des charrues, vous seriez bien de mon avis. Ce n'est pas le manœuvre qu'il faut instruire, c'est le bon bourgeois, c'est l'habitant des villes; [...] Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu".



[1] Projet de loi n°1481, Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 5 décembre 2018 : "Pour une école de la confiance" http://www.assemblee-nationale.fr/15/projets/pl148...

[2] Ibid

[3] Les pays les mieux placés ont l'obligation scolaire à 6 ans (Singapour) et parfois 7 ans (Finlande).

[4] Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, 1948, article 26-3 : « Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

Protocole additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, 1952, article 2, protocole n°1 : « Nul ne peut se voir refuser le droit à l’ins­truction. L’Etat, dans l’exercice des fonctions qu’il assu­mera dans le domaine de l’éducation et de l’ensei­gnement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques. »

Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, 2002, Article 14-3 : « La liberté de créer des établissements d’enseignement dans le respect des principes démocratiques, ainsi que le droit des parents d’assurer l’éducation et l’enseignement de leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses, philosophiques et pédagogiques, sont respectés selon les lois nationales qui en régissent l’exercice. »