Pôle des enfants à profils spéciaux

CISE a créé un pôle pour les enfants à profils spéciaux, que ce soit un trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité, un haut potentiel, un bilinguisme, un dysfonctionnement (dyslexie, dysphasie...), un autisme ou un TED, un handicap physique, une maladie génétique... car de plus en plus de familles ayant des enfants avec un profil spécial ne trouvent pas de solutions adéquates pour leurs enfants qui n'entrent pas dans le moule de l'Education Nationale.

CISE a créé une liste de discussion spéciale « profils spéciaux ». Les nouveaux adhérents reçoivent une invitation lorsque celle-ci a été demandée sur le bulletin d'adhésion.

Pour vous informer, vous soutenir ou vous conseiller : Catherine.pour.CISE@gmail.com

Une priorité de la politique éducative est que l’école se doit d’accueillir les handicapés au sein des établissements : budget pour l’aménagement de rampes, achat de matériels nécessaires pour subvenir aux besoins particuliers des handicapés, formation de certains personnels… voilà de beaux objectifs !

Alors comment se fait-il que les parents d’enfants handicapés aient autant de difficultés à faire accepter leurs enfants dans les écoles de leur choix? Car si l’enfant a sa place à l’école, c’est souvent dans des classes spécialisées à 30 ou 40 km du domicile ! Comment se fait-il que les parents soient exclus de la plupart des décisions pédagogiques et administratives qui concernent leurs enfants ? Dans les faits, l’IEF est interdite à des familles qui pourtant mettent davantage d’énergie, qui explorent des solutions inédites, qui adaptent les programmes spécifiques pour que leur enfant puisse progresser au mieux de ses capacités, et tout cela mieux que ce que peut proposer l’école elle-même. Elles sont victimes d’un chantage éhonté de la part de l’administration, car ces parents sont contraints de suivre l’avis d’une commission paritaire CAF-EN sur l’affection de leur enfant, faute de quoi les allocations allouées à la famille en raison du handicap sont supprimées. En revanche, on oblige des familles (qui n’en ont pas fait le choix) à garder des enfants dont l’administration ne veut plus ! Ces parents sont disqualifiés dans leur rôle de décision pour l’avenir de l’enfant, un peu comme si avoir un enfant handicapé était une faute personnelle, était le signe d’une quelconque incompétence parentale qui demande la mise sous tutelle de la famille entière. Drôle de modèle d’intégration sociale et scolaire, n’est-ce pas ?

Un autre aspect préoccupant, c’est qu’il semble bien que l’école « fabrique » du « handicap scolaire ». Combien de parents ont mis à l’école un enfant vivant, voire même turbulent, mais qui somme toute ne posait pas de problème, et ont récupéré en quelques semaines (ou même quelques jours) un enfant hyperactif pour lequel il était devenu urgent de consulter un neurologue ? Combien de parents se sont accommodés du rythme de leur enfant un peu lent ou un peu rêveur, et se sont retrouvés parents d’un dyspraxique dès qu’il a été scolarisé ? Combien d’enfants qui butent en lecture ou en orthographe dans les premières années reçoivent en partage l’étiquette de dyslexique ou de dysorthographique, alors que les méthodes même d’apprentissage ne correspondent pas à la neuro-pédagogie de l’enfant ! Sans compter l’enfant un peu timide et observateur dont les parents sont convoqués pour s’entendre dire qu’il a un problème de sociabilité ! Et le nombre d’enfants intellectuellement précoces niés et mis en échec par l’école tandis qu’on accuse leurs parents de les avoir « gavés » de connaissances, par orgueil ? Bien sûr qu’il existe des enfants qui ont de réelles difficultés, mais les difficultés d’apprentissage ou de comportement sont majorées par l’école car elles sont immédiatement étiquetées et donc cristallisées. Elles sont repérées comme pathologiques, et confiées à des spécialistes, elles sont renvoyées à la tête des parents, signe quelquefois de leur manque de chance, mais le plus souvent de leur défaillance à avoir réussi un enfant parfait ! Parfait pour qui ? Pour l’école aujourd’hui, pour la société demain, bien sûr. Et de l’enfant ayant une difficulté, l’école crée une famille entière en souffrance ! Combien de malentendus entre le normal, la norme et le pathologique ? Beaucoup d’enfants qui sont, chez le médecin, le psychologue ou l’orthophoniste, bien normaux ne rentrent pourtant plus dans la norme de l’école, norme qui devient de plus en plus étroite : ils sont alors exclus de fait de la communauté des élèves, et jetés dans le panier du pathologique. Voici un drôle de paradoxe : l’école publique se prétend l’école pour tous, mais rejette de plus en plus d’enfants. L’Éducation Nationale considère qu’elle devrait éradiquer l’IEF, mais en même temps n’hésite pas à exclure de son sein tout enfant qui pose problème…

A CISE, nous pensons que l’IEF est un choix pédagogique à part entière, une option qui permet de s’adapter à des situations spécifiques concernant les besoins de nos enfants. Nous ne faisons pas de prosélytisme ou de politique parce que nous considérons que l’IEF est aussi un choix de vie, une démarche personnelle.

Mais force est de constater que cette option pédagogique devient de plus en plus souvent, non pas un choix, mais une obligation de survie dans le sens où l’école représente trop de souffrance pour l’enfant et sa famille.