Pédagogie Montessori

Méthode alphabétique, phonémique et sensorielle

Matériel : livret pédagogique "dictées muettes" ; lettres rugueuses grand format ; lettres mobiles ; 66 planches de dictées muettes (fichiers à imprimer dans ‘’Méthodes’’, ‘’Français’’, ‘’Pédagogie Montessori - fichiers pour fabriquer le matériel de l'apprentissage de la lecture’’ : cet espace est réservé aux adhérents).

En résumé : avec la pédagogie Montessori, l’enfant n’apprend pas à lire, mais à écrire. Maria Montessori, en tant que médecin, avait découvert que cet ordre était beaucoup plus logique pour le fonctionnement du cerveau et pour l’effort que cela demande. En effet, l’écriture est seulement l’analyse des sons qui compose un mot et la transcription en graphème car le mot qui doit être écrit est connu de l’enfant. Pour la lecture, il faut procéder en plus à la synthèse des sons pour obtenir le mot qui n’est pas encore connu.

Elle propose donc, pour commencer, de donner les moyens d’écrire à l’enfant en le préparant indirectement par des activités sensorielles. Sa pédagogie se distingue également par l’apprentissage de chaque sonorité à l’oral et par le toucher de chaque graphème, découverte sensorielle et phonétique des lettres rugueuses. Simultanément, nous proposons des jeux oraux sur la reconnaissance phonétique. Le déclic de l’écriture se réalise par les dictées muettes qui demandent de composer avec des lettres mobiles des mots correspondant à des images. La progression est double : d'une part les mots sont d'abord d'une syllabe, puis de deux, etc… ; d'autre part, les 66 exercices de 9 mots font appel à des graphèmes de difficultés croissantes. Les difficultés orthographiques sont donc progressives. L'écriture par arrangement de lettres mobiles précède la lecture dont le déclic vient tout seul entre deux et six mois après le déclic de l’écriture. L'enfant doit se déplacer fréquemment. L'écriture manuscrite n'est pas associée explicitement à la lecture.

Apprentissage de l’écriture et de la lecture

L’enfant, dont l’esprit est en éveil et qui n’a pas été entravé dans son fonctionnement, réclame à lire et écrire en général vers 3 ans, 3 ans ½. C’est le moment de commencer ces trois activités simultanément :

  • le jeu « je devine » pour découvrir les sons oralement ;
  • les lettres rugueuses à présenter selon la leçon en 3 temps pour découvrir la forme graphique ;
  • les encastrements géométriques pour l’apprentissage indirect de l’écriture. Pour Maria Montessori, inutile de faire des lignes et des lignes d’écriture, cette méthode est beaucoup plus efficace et surtout attrayante pour l’enfant car libre et créative.


Jeu ‘’je devine’’ : ce jeu peut éventuellement se conjuguer avec d’autres méthodes d’apprentissage de la lecture par les sons comme La Planète des Alphas et d’autres méthodes d’apprentissage du graphisme.

Matériel : des objets miniatures ou autres (animaux de la ferme, vaisselle, moyen de locomotion…). Choisir des objets qui plaisent à l’enfant pour augmenter sa motivation.

Présentation : à chaque fois, prendre 7 à 8 objets. Nous les étalons sur la table et les nommons devant l’enfant l’un après l’autre en insistant si possible sur le premier son : vvvache. Il faut que ces objets commencent chacun par un son différent. Exemple : vache, mouton, coq, poule, dindon, cheval, âne et lapin. « Je voudrais que tu me donnes un animal dont le nom commence par le son vvv ». L’enfant parcourt des yeux les différents animaux et s’arrête sur vache. Il nous le donne. Nous continuons ainsi jusqu’au dernier. Si l’enfant se trompe, ne jamais dire « non, ce n’est pas ça, tu t’es trompé » mais plutôt « tu crois vraiment que mmmouton commence par le son vvv ? ».

Faire selon la demande de l’enfant, 2 ou 3 fois par semaine. Quand l’enfant est à l’aise pour trouver le premier son, (ce sera peut-être quelques mois après), nous pouvons prendre plusieurs objets qui commencent par le même son et qui diffèrent au second son. Exemple : crapaud, canard, cochon…

Nous pouvons faire ce travail en puisant dans l’ambiance de la pièce, ou à l’extérieur avec les fleurs, les arbres ou aussi des noms de personnes. Nous pouvons ensuite le faire de façon plus abstraite, sans les objets, « Devine à quoi je pense, tu ne peux pas savoir encore à quoi je pense tant que je ne t’ai pas dit que le premier son est mmm et que le deuxième son est o… ».

Les encastrements géométriques

Voici une méthode d’apprentissage du graphisme idéale pour les enfants n’aimant pas les exercices classiques. Cette activité est une préparation indirecte à l’écriture et peut s’ajouter à des exercices plus scolaires selon les enfants. Le matériel peut être fabriqué avec une scie à chantourner ou on peut l’acheter.

Matériel : deux présentoirs avec chacun 5 encastrements géométriques de 15x15 cm. La série comprend un carré, un rectangle, un losange, un cercle, un triangle, un ovale, une ellipse, une rosace, un trapèze, un triangle convexe. Mettre à disposition de l’enfant ce matériel sur une étagère ainsi que des feuilles cartonnées de 15x15 cm et des crayons de couleurs.

Présentation d’une forme géométrique :

Prendre une feuille de dessin de 15x15 cm. Prendre le contour d’une forme géométrique et le poser sur la feuille. Maintenir de la main gauche et dessiner de la main droite la forme avec une couleur, toujours dans le sens antihoraire. Enlever le contour et le ranger. Prendre ensuite la forme géométrique, la poser sur la feuille de façon à ce qu’elle se superpose avec le premier dessin. Maintenir d’une main et retracer le contour d’une autre couleur. Enlever la forme. Ensuite, avec d’autres couleurs, faire des hachures obliques espacées d’environ 3 millimètres à l’intérieur de la forme géométrique. Dessiner les traits obliques d’en bas à gauche vers le haut à droite. Les traits doivent être parallèles et remplir exactement le contour de la forme géométrique sans dépasser. On considère que l’enfant est prêt à écrire lorsque les traits sont bien parallèles et ne débordent pas (aucune remarque n’est faite à l’enfant).

Les lettres rugueuses : les lettres rugueuses sont découpées dans du papier de verre et coller chacune sur un support de 25 cm de large et 20 cm de haut. Les supports sont peints en bleu pour les consonnes et en rouge pour les voyelles.

Pour commencer, apprendre les sons simples (ce que l’on entend, pas le nom de la lettre, cela viendra plus tard) sans respecter l’ordre alphabétique. Si possible commencer par les lettres du prénom de l’enfant :

a = a, b = « bbb », c = « kkk », d = « ddd », e = e, f = « fff », g = « ggg » (comme dans le mot gare), h = « » (pour cette lettre, mettre un doit sur la bouche comme pour faire chut ), i = i, j = « jjjj », k = « kkk », l = « lll », m = « mmm », n = « nnn », o = o, p = « ppp », q = « kkk », r = « rrrr », s = « sss », t = « tttt », v = « vvv », w = « vvv »,

x = « ksss », y = i, z = « zzz ».

Plus tard et suivant les circonstances, suivant aussi le prénom de l’enfant, on apprend qu’une même lettre peut émettre 2 sons différents comme :

W = « vvvv » ou « wou »

X = « ksss » ou « kzzz »

Y = i ou « ill » ….

  • Lorsque l’enfant connaît au moins une douzaine de lettres et leur son (en Montessori, cela signifie que l’enfant est capable de visualiser le contour de la lettre quand il entend la sonorité correspondante et réciproquement qu’il est capable d’émettre le son lorsqu’il voit la lettre) ;
  • Lorsque l’enfant relève spontanément des sons dans des mots depuis quelques temps comme par exemple « citron c’est comme savon, comme salade, comme cerise » (ces mots commencent tous par le son sssssss) ;

Alors, l’enfant est prêt pour commencer à écrire, pour composer des mots avec des lettres mobiles (celles-ci doivent être rigoureusement les mêmes que les lettres rugueuses en taille et en forme. Si les consonnes étaient sur fond bleu et les voyelles sur fond rouge, les consonnes mobiles doivent être bleues et les voyelles rouges).

L’activité d’écrire, de choisir les graphèmes correspondant au phonème, est dissociée du graphisme afin d’isoler chaque difficulté. C’est aussi une particularité de la pédagogie Montessori. Nous commençons les dictées muettes et l’enfant peut, s’il le désire, écrire spontanément ce qu’il veut. À ce stade, l’enfant écrira plutôt phonétiquement. Évidemment, si ce n’est pas gênant dans un premier temps, il ne faut pas laisser l’enfant s’installer dans cette écriture phonétique mais lui faire découvrir les clés pour écrire correctement : les mots sont séparés, un même son peut s’écrire de manière différente. Cela fait l’objet d’exercices différents qui ne doivent pas interférer avec l’écriture spontanée de l’enfant. L’important est que le message qu’il a voulu écrire soit compréhensible phonétiquement : « jevedelo ».

Aide pour mémoriser les lettres :

Pour aider l’enfant à mémoriser les lettres, on peut faire des affiches et les accrocher au mur.

Premiers sons complexes :

On peut commencer rapidement les sons complexes sans avoir appris toutes les lettres : ch, é, è, oi, gn, ou, in, on, an, un. Pour ces sons, on peut faire une affiche, on peut également faire une pochette avec 5 à 8 images et des billets à placer sous les images. Exemple pour « ch » : cheval, ruche, biche… (fichiers à imprimer dans ‘’Méthodes’’, ‘’Français’’, ‘’Pédagogie Montessori - fichiers pour fabriquer le matériel de l'apprentissage de la lecture’’ : cet espace est réservé aux adhérents). Si vous faites vos propres images, attention d’utiliser des mots dont chaque son simple ou complexe est connu de l’enfant.

Puis on apprend les différentes façons de faire chaque son.

o

z

e

é

è

g

j

on

k

ill

in

an

s

o

au

eau

z

s

e

eu

oe

oeu

é

....er

....ez

....ed

è

ê

ai

ei

e + 1

consonne

es

...et

g

gh

gu

j

g+e

g+i

ge

on

om

k

c

q

qu

ch

ill

il

y+1

voyelle

in

im

ain

aim

yn

ym

ein

en

an

en

am

em

aon

s

ss

sc

c+i

c+e

ç

t


À ce stade également on peut faire des pochettes avec seulement des mots. On dessine une oreille sur la pochette pour signifier ce que l’on entend. À l’intérieur on fait plusieurs petits livrets, un pour chaque façon de faire le son, avec un œil dessus pour signifier ce que l’on voit. On peut mettre jusqu’à 8 mots.

Aide à la lecture du mot :

Entre 2 et 6 mois après avoir commencé à écrire, l’enfant a le déclic de la lecture. Il analyse les signes graphiques les uns après les autres, les transforme rapidement en sons, puis synthétise la chaîne des sons (ccc a nnn a rrr i = canari) pour en comprendre le sens. C’est le fameux déclic de la lecture ! Ensuite, il suffit d’acquérir de la vitesse.

Voici différents exercices faciles à mettre en application pour l’aider à devenir plus rapide dans sa lecture et surtout dans sa compréhension. Il ne connaît pas encore forcément les sons de toutes les lettres ni de tous les phonèmes, il est important de choisir des mots que l’enfant sera capable de lire en fonction de ce qu’il a appris.

Donc, dès que l’enfant commence à lire des mots, il est bon de lui donner l’habitude d’associer ce qu’il lit à du concret. Maria Montessori favorise les activités avec lesquelles l’enfant peut se déplacer car il apprend mieux en bougeant !

Les billets : écrire sur des billets des noms d’objets de l’environnement, une douzaine à chaque fois. Nous les mettons dans une boîte après les avoir pliés en quatre. « Tire un billet, lis-le et va le placer sur l’objet correspondant ». L’enfant tire un billet, le lit et va le placer sur l’objet correspondant : chaise, table, évier, livre, règle, gomme, chaussure… l’enfant continue tout seul. Nous pouvons également écrire des noms d’objets ou de miniatures que nous avons posés préalablement sur une table (ex : différents animaux ou moyens de locomotion). Il est souhaitable que les objets soient éloignés de l’endroit où l’enfant tire les billets et les lit. Il travaille donc debout et peut bouger.

Nous pouvons également dire à l’enfant d’aller chercher l’objet dont le nom est écrit et de le poser sur la table, puis refaire l’exercice contraire après avoir remis les billets dans la corbeille, l’enfant ira alors ranger les animaux tirés au sort.

Billets à correspondre : par exemple, nous choisissons le thème « la maison des animaux » : nous faisons une série de billet d’une couleur avec des noms d’animaux et une série de billets d’une autre couleur avec le nom de la maison de chaque animal de la première liste. Nous invitons l’enfant à faire correspondre chaque animal à sa maison. Nous pouvons préparer une fiche de réponse pour que l’enfant puisse se contrôler seul. Nous pouvons proposer également une série avec « la voix des animaux » ou « les groupes d’animaux »…(fichiers à imprimer dans ‘’Méthodes’’, ‘’Français’’, ‘’Pédagogie Montessori - fichiers pour fabriquer le matériel de l'apprentissage de la lecture’’ : cet espace est réservé aux adhérents).

Pochettes d’images par thèmes : faire une pochette 15x15 cm avec à l'intérieur une dizaine d'images 14x14cm sur un thème : les fleurs cultivées, les fleurs sauvages, les fruits, les animaux des bois, les animaux d'Afrique, les animaux selon la classification du règne animal, des ustensiles de cuisine, des moyens de locomotion, le corps humain, les outils de jardinage... selon les envies, les goûts de l'enfant.

Chaque image (rangée à gauche) est renseignée au dos et correspond à un billet (rangé à droite) avec le nom. L'enfant étale les images d'une pochette et place chaque billet sur l'image correspondante. L'enfant se corrige seul en retournant l'image, car le nom est inscrit au dos de la carte.

Les studias : préparez 2 colonnes sur une feuille A4. Collez une image ou faites un dessin représentant le thème choisi dans chaque colonne. Les 2 images doivent montrer une nette différence. Par exemple : été / hiver, moyens de locomotion terrestres / moyens de locomotion maritimes, animaux des pays chauds / animaux des pays froids... Préparez une vingtaine de billets avec des noms en rapport avec les images choisies que l'enfant lit et place dans la colonne adéquate. Vous pouvez préparer une liste triée des noms utilisés pour que l'enfant puisse se corriger seul. (fichiers à imprimer dans ‘’Méthodes’’, ‘’Français’’, ‘’Pédagogie Montessori - fichiers pour fabriquer le matériel de l'apprentissage de la lecture’’ : cet espace est réservé aux adhérents).

Aide à la lecture de la phrase :

Les rouleaux : sur une bande de papier d'environ 3 cm de haut, écrire d'une grosse écriture une phrase. Roulez cette bande en commençant par la fin. Préparez ainsi plusieurs rouleaux que vous mettrez dans un coffret. Faire choisir un rouleau à l'enfant qui aime beaucoup le côté mystérieux. L'enfant déroule tout doucement la bande de papier en lisant au fur et à mesure que les lettres apparaissent.

Les ordres : nous proposons une vingtaine de billets sur lesquels sont écrits des ordres.

1} Un seul ordre. Ex : ouvre la porte

2) 2 actions consécutives. Ex : va au lavabo et bois un peu d'eau.

3) 3 actions ou plus qui peuvent être consécutives ou non. Ex : ouvre le tiroir, prends un carré de chocolat et mange-le.

Les phrases doivent être brèves et faciles à exécuter. -« Tu tires un billet, le lis en silence, le tournes sur la table. Tu fais ce qui est écrit et nous devons deviner ce qui est écrit ». Ainsi, l'enfant s'habitue à chercher à comprendre tout ce qu'il lit. Les ordres sont considérés non seulement comme des exercices de lecture mais aussi comme tests de mémoire et de psychologie par Maria Montessori. On peut ainsi observer s'il se souvient bien des actions successives, car l'enfant perturbé, comprend mal, oublie et change l'ordre des actions. Nous préparons une corbeille remplie d'ordres et l'enfant peut travailler seul.

Écriture de livres :

L’enfant peut commencer à créer lui-même des petits livres avec un dessin à gauche et une phrase à droite. L’adulte peut faire le secrétaire et écrire pour l’enfant qui crée l’histoire et fait les dessins, puis l’adulte prépare un modèle que l’enfant recopie, puis l’enfant écrit seul.