Introduction

Bibliographie

Que ce soit avec notre enfant, scolarisé ou non, que ce soit avec d’autres enfants ou des adultes, nous avons certainement tous fait l’expérience qu’il peut être parfois très simple de se comprendre, de se faire comprendre, et d’autres fois, l’autre ne comprend pas du tout nos explications ou nous ne comprenons absolument pas celles de l’autre, nous avons l’impression de ne pas parler la même langue ! Ou de parler à un mur ! Si certains aimeraient nous faire croire que le problème est lié à un manque d’intelligence, d’autres personnes nous ont prouvé, par leur travail, qu’il n’en est rien. Nous sommes seulement tous différents dans notre fonctionnement cérébral !

Des membres de CISE se sont intéressés aux différentes pédagogies et à leurs résultats, aux travaux de différentes personnes comme Antoine de La Garanderie (gestion mentale), Elisabeth Nuyts (les dysfonctionnements), Maria Montessori (pédagogie aide-moi à faire seul), Ghislaine Wettstein-Badour (la lecture) et Stanilas Deheane (neuroscience). Plusieurs réalités sont frappantes. Nous les évoquons succinctement maintenant, mais les développerons plus loin, car il nous semble important de comprendre l’impact que peut avoir une pédagogie sur les apprentissages, la construction et le développement de l’enfant.

Antoine de La Garanderie (1920-2010) s’est intéressé aux élèves ayant des difficultés en leur demandant comment ils procédaient dans leur tête lorsqu’ils parvenaient à un apprentissage. Car pour lui, un élève en difficulté n’est jamais mauvais en tout, il y a toujours un domaine où il réussit, et il s’y est pleinement intéressé. Il a ensuite appris à chacun de ces élèves en difficulté à utiliser le même mode de fonctionnement dans les matières à problème. Les résultats ont été surprenants par l’efficacité de la méthode, ce qui a donné naissance à la gestion mentale et à d’autres mouvements.

Elisabeth Nuyts, s’occupe également d’enfants en difficulté, et plus particulièrement ayant un dysfonctionnement : dyslexie, dyscalculie, dysorthographie. A travers son expérience, elle a découvert que ces dysfonctionnements étaient dus très majoritairement à une méthode pédagogique qui ne convenait pas à l’enfant car chaque enfant fonctionne différemment. En changeant de méthode d’apprentissage, elle arrive donc à la disparition du dysfonctionnement. Elisabeth Nuyts est favorable aux pédagogies qui aident l’enfant dès son plus jeune âge à utiliser toutes "ses entrées’’ sensorielles (auditive, visuelle, kinesthésique), et de privilégier le langage, afin de ne pas permettre de blocage.

Maria Montessori (1970-1952), médecin, a conçu une pédagogie qui convient à tous les modes de fonctionnement (auditif, visuel et surtout kinesthésique [80% des enfants]) et permet aux plus jeunes d’utiliser toutes leurs entrées sensorielles à travers son matériel de vie pratique et de vie sensoriel. Elle a réussi à faire passer l’équivalent du certificat d’études à des enfants dits débiles à son époque en Italie, c'est-à-dire au début du XXe siècle. Cette femme, qui n’est pas une idéologue, a conçu sa pédagogie à partir de l’observation d’enfants, l’a utilisée avec beaucoup de succès dans des écoles du monde entier et elle n’a observé aucun dysfonctionnement. Cette pédagogie a d’ailleurs été utilisée avec succès dans une classe maternelle d’une ZEP de banlieue parisienne entre 2011 et 2014 avec 100% des enfants qui sont entrés dans la lecture en fin de GS dont 90% étaient de très bons lecteurs. Tous les postulats scientifiques qui ont fondé la démarche de Maria Montessori se vérifient aujourd'hui par les sciences du développement humain (recherche de Stanislas Dehaene entre autre). Il y a une parfaite cohérence entre cette pédagogie et le fonctionnement du cerveau.

Dr Ghislaine Wettstein-Badour (1939-2010) et Stanislas Dehaene (né en 1965) ont démontré par leurs recherches et leurs travaux que l’apprentissage de la lecture par méthode globale n’était pas du tout en cohérence avec le fonctionnement du cerveau et que cette pratique était à l’origine de nombreux dysfonctionnements.

Stanislas Dehaene (1965), psychologue cognitif et neuroscientifique, a démontré par ses recherches que le cerveau a besoin d’être actif pour apprendre et comprendre. Il est convaincu que les intuitions de Maria Montessori se trouvent confirmées par les avancées des sciences cognitives et de la psychologie expérimentale.

Catherine Chemin