TDA TDAH

Bibliographie Pensée en images, dyslexie, dys...

Le TDA se caractérise par :

  • un déficit de l’attention (difficultés à se concentrer),
  • de l’impulsivité (agit avant de réfléchir),
  • avec ou sans hyperactivité (agitation incessante : hyperkinésie).

Le ‘’manque de concentration’’ d’un enfant peut intervenir pour accomplir une tâche qui peut sembler facile comme pour recopier un texte. En effet, pour un tel exercice, certains enfants sont capables de recopier en faisant des fautes. Pourtant, la plupart de ces enfants sont capables d’une très grande concentration lorsqu’ils effectuent une tâche qui les motive ! Alors ?

Le trouble de l’attention ou TDA

Si dans les années cinquante, on parlait de troubles " affectivo-caractériels ", déjà les USA privilégiaient une approche non psychologique et étudiaient le cortex et les régions du mésencéphale pour y rechercher l’origine éventuelle du trouble. Le TDA a aussi été mis sur le compte de lésions cérébrales ou de complications particulières à la naissance. Mais la théorie des lésions cérébrales ne s’accordant qu’à une petite partie des TDA, elle a été abandonnée. Il est prouvé qu’une bonne proportion des individus présentant ce trouble n’a pas subi de complications particulières à la naissance. C’est donc l’impossibilité de mettre en évidence une lésion définie ou une anomalie structurale du cerveau comme caractérisant l’origine du TDAH qui incita les chercheurs à proposer l’hypothèse d’une altération des fonctions cérébrales.

Aujourd’hui, en 2015, les experts sont formels à ce sujet : le TDAH n’est pas causé par des besoins affectifs non comblés ou par des problèmes psychosociaux, même s’il peut être exacerbé par ces facteurs. Il est généralement admis maintenant que le TDA et le TDAH sont des troubles neurologiques avec de mauvaises interactions (entre autres pour le site http://www.tdah-france.fr/ et http://www.tdah.be). Précisément, le TDAH serait, pour TDAH-France, un trouble neuro-développemental chronique qui concerne de 3,5 à 5,6% des enfants d’âge scolaire en France. Le trouble persiste dans 65% des cas à l’âge adulte, la prévalence en population adulte est estimée à 2,5%.

Aucune étude scientifique n’explique pourquoi et comment les mécanismes du TDA se produisent. Cependant, tous s’accordent pour soutenir l’hypothèse selon laquelle des facteurs génétiques entrent en jeu dans l’apparition d’un TDAH, ainsi que des facteurs environnementaux.

Le TDAH est souvent difficile à diagnostiquer et cela engendre beaucoup d’incertitude. La Ritaline, principal médicament proposé, altère les symptômes mais ne s’attaque pas à la nature sous-jacente du problème. La Ritaline est inscrit sur la liste des stupéfiants et engendre des effets secondaires. Certains parents refusant de donner de la Ritaline à leur enfant ont obtenu des résultats très encourageants en augmentant l’absorption de magnésium, de ferritine et de zinc, et/ou supprimant partiellement ou totalement la caséine, le gluten, les substances raffinées, les substances chimiques (additifs, colorants…).

Concrètement, qu’est-ce qu’un hyperactif ?

Le tiers des enfants hyperactifs commencera à avoir des problè­mes de comportement dès sa pre­mière année de vie : l’enfant pleure plus souvent et plus long­temps, a des difficultés pour s'alimen­ter, est plus actif et dort moins. Il bouge et remue beaucoup, ne tient pas assis, court partout, grimpe, touche à tout, tourne à plein régime, est inépui­sable. Il peut com­mencer un travail et être incapable de le terminer, a constamment be­soin de stimuli, semble ne rien é­couter, ne suit pas plus d’une instruc­tion à la fois, n’ar­rive pas à attendre, est impa­tient et inopportun. Il a une mauvaise no­tion du temps, ne voit pas le temps pas­ser, ne peut attendre, il voit le mon­de au ralenti, l’environnement le frustre et il a des difficultés à obéir. Il n’antici­pe pas les conséquences de ses actes, tant que la chose n’est pas arrivée, il ne peut s’en ren­dre compte. Ces symptômes peu­vent engendrer des problèmes sco­laires importants. Un enfant hyper­actif non diagnostiqué vit un véri­table cau­chemar : perturbation de la classe et rapports difficiles avec l'ensei­gnant, rejet par ses camara­des. Sans compter les conflits fami­liaux. Par rapport à des enfants non hy­peractifs d'intelligence compara­ble, les enfants hyperactifs ont trois fois plus de risque d'être confrontés à l'échec scolaire. Un enfant hyper­actif est capable de concentration envers une activité qui le passionne. Cela se nomme de l'hyper focali­sation. Ils ont un côté obsti­né qui peut se trans­former en qualité et en faire des êtres déterminés à aller jusqu’au bout.

Concrètement, qu’est-ce qu’un TDA ?

Outre les difficultés à se con­centrer et l’inattention, on constate le fait de ne pas prêter at­tention aux détails, l’é­tourderie, sem­bler ne pas écouter, avoir une tendance exces­sive à la distraction, des pro­blèmes d’orga­nisation, commencer beaucoup de choses sans rien finir, l’évitement des activi­tés mentales soutenues, de réelles difficultés no­tamment pour mener à bien un travail intel­lectuel, le fait de ne pas pouvoir ef­fectuer plus d’une consigne à la fois.

Les carac­téristiques du TDAH sont par conséquent celles du TDA plus celles de l’Hyperac­tivité ou syndro­me hyperki­nétique et de l’impulsi­vité.

Un enfant peut être TDA sans hyperactivité et même sous-actif (ou hypoactif). C’est une activité motrice insuffisante. Ces en­fants, d’un calme excessif, travail­lent lentement et donnent l’impres­sion d’être paresseux, dans la lune. Les TDA peuvent être également surdoués dans un domaine, mais il peut être difficile de les identifier.

Plus curieux et plus intéres­sés, les TDA ont souvent un QI su­périeur à la moyenne et surtout ils ont une imagination, une créativité, une in­tuition et une vivacité remar­quables. Les TDA font preuve d’une très grande persévérance et téna­cité, ils ont beaucoup d’énergie pour aller de l’avant lorsqu’ils font quel­que chose qui les passionne et peu­vent être très productifs. Ils pos­sèdent une façon de pénétrer direc­tement au cœur même des situa­tions alors que les autres doivent raisonner, avec méthode, durant tout leur cheminement. Il est plus efficace de donner des directives claires, de réaménager le travail pour le rendre plus intéressant et plus motivant, de diriger à nouveau le comportement de l’enfant vers des buts à atteindre plutôt que vers des gratifications immédiates, tout en lui fournissant des récompenses immédiates pour le travail accompli ou la conformité aux règles. Les techniques visant à féliciter l'enfant pour ce qu'il fait de bien au lieu de le punir pour ce qu'il fait de mal ont fait leurs preuves. Il est très impor­tant de féliciter l'enfant pour ses comportements qui méri­tent d'être encouragés, la récom­pense devant souligner l'effort et non le résultat. Ils ont vraiment besoin d’être va­lorisés et maintenus dans un esprit positif.

Sur le site de tdah-france.fr/ on peut lire que Russel A. Barkley[1] a élaboré une théorie basée sur les données récentes de la neurobiologie et de la neuropsychologie du cerveau. Pour lui, le TDAH serait d’abord un trouble du développement des capacités d’inhibition du comportement et non un trouble de l’attention comme le laisse sous-entendre son nom. Les difficultés d’attention ne seraient que des conséquences du trouble d’inhibition.

Le déficit primaire du TDAH serait un déficit des capacités d’inhiber ou de retarder une réponse, un comportement. Il entraînerait secondairement une perte d’efficacité de 4 fonctions exécutives de base impliquées dans le TDAH :

- l’autorégulation de l’affect, de la motivation et de la vigilance, permettant la séparation des faits et des émotions.

En effet, l’hypersensibilité est gérée différemment par l’amygdale et le seuil de tolérance est beaucoup plus bas, c’est un fait chez tous les arborescents/zèbres/HP.

- la capacité à prolonger dans le temps une, ou des, représentation(s) mentale(s) (visuelles, auditives, etc...) d’un signal, d’un message ou encore d’un événement

Cela corrobore la théorie de Ronald Davis qui explique comment, à cause de la désorientation, l’enfant a des difficultés à intégrer les concepts de temps, de séquence et d’ordre.

- le langage intérieur, constitué par les représentations internes de l’information, participant ainsi au contrôle des comportements, représente la capacité de l’être humain à se parler à lui-même.

Cela corrobore la théorie de Davis sur la pensée en images présente exclusivement au départ et la pensée langagière qui se construit plus tard, jusque vers 14 ans parfois au plus tard.

- la reconstitution c’est-à-dire, dans le cadre du contrôle des comportements, la capacité de reconstituer la séquence d’actions orientée vers un but, mécanisme en jeu dans tout apprentissage. Elle se définit ainsi par la capacité neuropsychologique à scinder l’information reçue en petites unités (analyse) et à recombiner ces unités d’information afin de reconstituer le message d’origine (synthèse) ou d’en créer un nouveau à partir des diverses unités d’information (créativité)

Cela corrobore la théorie de Davis qui explique comment, à cause de la désorientation, l’enfant a des difficultés à intégrer les concepts de temps, de séquence et d’ordre et comment l’enfant peut enregistrer des données vécues par la désorientation, et donc imaginaires, comme des données réelles.

R.A. Barkley associe donc les difficultés éprouvées par les enfants TDAH à des dysfonctions de ces quatre fonctions exécutives qui dépendent du lobe frontal et de ses connexions sous-corticales, les réseaux neuronaux de ces régions étant impliqués notamment dans les processus d’attention, d’inhibition, d’auto-évaluation et de contrôle du comportement social. Seulement, ce modèle théorique s’applique, selon Barkley lui-même, seulement aux hyperactifs mais pas aux hypoactifs.

Le principe de désorientation décrit par Davis explique non seulement chacune de ces difficultés mais donne aussi une explication à la présence ou la non présence de l’hyperactivité par le taux de dopamine. La désorientation pouvant provoquer une hausse (hyperactivité) ou une baisse (hypoactivité) du taux de dopamine.

Tous les chercheurs s’accordent pour dire que plusieurs régions du cerveau et leurs interactions sont en cause. Il s’agit principalement des régions frontales et préfrontales. Ces zones cérébrales responsables de l'attention, du sens de l'organisation et du contrôle des mouvements s’activent de façon anormale ou ont une anatomie singulière Cela a été confirmée par les techniques de neuro-imagerie fonctionnelle. Cependant, TDAH-France reconnaît que les données neurochimiques « ne peuvent constituer, à elles seules, l’hypothèse étiologique fondamentale du TDAH dans la mesure où, justement, seules, elles ne peuvent expliquer adéquatement ni l’origine, ni l’ensemble des caractéristiques cliniques du TDAH ».

Les données actuelles plaident pour un déséquilibre dans les taux de certains neurotransmetteurs du cerveau, en particulier la dopamine. Comme l’indique M. Lecendreux[2] : « la dopamine est probablement le neurotransmetteur le plus impliqué. Elle est nécessaire au maintien de l’attention et de la concentration. Or, ces deux fonctions supposent, pour pouvoir fixer son attention sur un objectif défini, d’arriver à ignorer et inhiber les faits mineurs et de négliger les stimuli extérieurs ».

Voici la théorie de Ronald Davis sur le TDA[3].

Ronald Davis nous donne l’exemple d’un petit garçon TDA de 5 ans. Il est intelligent, créatif, imaginatif, hyperactif, pense essentiellement en images et se désoriente pour se distraire. Son institutrice l’a tout de suite identifié comme un paquet de nerfs qui n’écoute pas. Un jour, le comble, elle le voit monter au toboggan en passant devant les enfants qui faisaient la queue. La maîtresse l’attrape par les épaules et lui dit sur un ton sévère : « Regarde-moi ! Ce que tu as fait est mal. Tu dois attendre ton tour dans la file ! Tu me comprends ? Tu ne vas pas sur le toboggan avant ton tour ! ». En la regardant dans les yeux, l’enfant lui dit « Oui ! ». La maîtresse le lâche et il court immédiatement vers l’échelle en redoublant les autres enfants, et redescend du toboggan. La maîtresse le punit…

Pour ce garçon qui pense en images, les concepts de soi, changement, conséquence, temps, séquence et ordre sont inexacts, ce qui limite sa compréhension de ce qu’a dit la maîtresse. De plus, il définit le bon et le mauvais par ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas. Analyse :« Ce que tu as fait est mal » : "ce’’ et "que’’ n’éveillent aucune image mentale ; "tu’’ éveille l’image mentale de lui-même ; "as fait’’ n’est pas compris puisqu’il ne comprend pas le sens d’avant et après ; "est’’ n’a pas d’image mentale ; "mal’’ n’a pas de signification à part peut-être qu'avec le "tu’’, il conclut que la maîtresse ne l’aime pas.Puis, « Tu dois attendre ton tour dans la file ! » : "tu’’ éveille l’image de lui-même ; "dois’’ n’a pas de signification ; "attendre’’ est une fonction de temps qui n’est pas comprise ; "ton’’ éveille une image de lui-même ; "tour’’ n’évoque rien ; l’enfant garde l’image de la maîtresse qui le tient par les épaules ; "dans’’ et "la’’ n’évoquent rien ; "file’’ évoque un bout de fil.« Tu me comprends ? » : "tu’’ éveille l’image de lui-même ; "me’’ reproduit l’image de la maîtresse qui le tient par les épaules ; "comprends’’ n’évoque rien.« Tu ne vas pas sur le toboggan avant ton tour ! » : "tu’’ éveille l’image de lui-même ; "ne’’ n’a pas de signification ; "vas pas sur le toboggan’’ modifie son image de lui-même, il se voit descendant du toboggan ; "avant’’ n’a pas de signification ; "ton’’ renforce l’image de lui-même ; "tour’’ n’a pas de signification.La phrase ne lui laisse que l’image de lui-même sur le toboggan, il comprend qu’il doit y retourner et fait ce qu’il a compris.

Dans Le Don d’apprendre, Ronald Davis explique que, pour lui, un enfant développe un TDA très tôt dans la petite enfance suite aux effets de désorientation « Dans leurs cas, les effets de la désorientation se produisent pendant la phase de développement de la petite enfance, bien avant qu’un enfant ne soit en âge d’aller à l’école. Pendant ce stade de développement de la petite enfance, l’état naturel d’orientation de la personne et la fonction mentale de désorientation combinés déforment chez certains enfants la perception de l’environnement, au point qu’ils présentent une réalité alternative ou une conception déformée des leçons essentielles de la vie, telles que la conséquence, la cause et l’effet, le changement, etc. L’établissement de ces réalités alternatives peut conduire au développement de troubles déficitaires de l’attention et, dans une certaine mesure, de problèmes avec les maths et le graphisme »[4].

Impact de la désorientation sur le développement

Les expériences de la vie n’ont pas le même impact sur toutes les personnes car chaque expérience nouvelle s’ajoute aux précédentes et sera vécue en fonction de la façon dont les précédentes ont été vécues. « La cohérence de la connaissance acquise au cours d’une expérience vécue dépend de la cohérence des perceptions. La désorientation déforme la perception. La perception déformée déforme notre sens de la réalité. Par conséquent, la désorientation produit une réalité faussée, ou alternative, de l’expérience vécue. Une leçon de vie apprise dans une réalité alternative ne sera pas la même qu’une leçon apprise dans un état ‘’orienté’’ ».

Les enfants pensant en images peuvent très tôt, même bébés, adopter volontairement le mode de désorientation pendant de longues périodes pour se distraire. Ils s’inventent un monde, qu’ils vivent comme si c’était la réalité. De l’extérieur, on pense que l’enfant joue, mais l’enfant le vit comme une réalité, qui se déroule pourtant au gré de son imagination. Là, les conséquences n’existent pas. Par ce mode de désorientation volontaire vécu comme le réel, l’enfant n’intègre pas différents concepts de base comme le changement, le temps, la séquence, l’ordre, le désordre… car pour lui ‘’chaque chose existe c’est tout’’, ‘’tout peut arriver’’, seul ‘’maintenant’’ existe, les choses sont comme elles sont, là où elles sont. La perception de l’environnement peut donc être complètement faussée.

En ce qui concerne le temps, Ronald Davis explique : « Bio-mécaniquement, notre perception du temps est un produit de la chimie du cerveau. Des études suggèrent une augmentation élevée des niveaux de dopamine chez les enfants TDA. Je pense que c’est un effet direct de la désorientation. Plus il y a de dopamine autour des synapses du cerveau, plus notre ‘’horloge interne’’ va vite. L’inverse est également vrai : moins il y a de dopamine, plus lentement va notre horloge interne. Dans les cas où la production de dopamine est augmentée d’une manière chronique par la désorientation, l’horloge interne de l’individu sera plus rapide et vice versa ». La désorientation produit une variation dans la quantité de dopamine créée et libérée par le cerveau et empêche une évaluation précise du temps. Si le temps est évalué précisément par un enfant ‘’normal’’ vers l’âge de sept ans, la mesure du temps est quasiment impossible pour un enfant dyslexique dont l’horloge interne se modifie fréquemment. C’est pourquoi les enfants dyslexiques ont si peu la notion de temps !

Les TDA sont souvent définis comme ayant une « inattention et impulsivité développementales inappropriées, accompagnées ou non d’hyperactivité ». Cependant, pour Ronald Davis, il faut ajouter la désorientation spontanée. Chez le TDA, la désorientation peut être provoquée par une émotion : ennui, curiosité, confusion, peur…ces émotions se regroupent en deux catégories :

  • l’évitement : la personne se désoriente pour échapper à l’ennui. Elle semble rêvasser ou inattentive alors qu’elle est attentive à son monde intérieur imaginaire ;
  • l’absorption : la curiosité d’un événement extérieur stimule une désorientation considérée comme inattention alors que la personne est très attentionnée mais son attention est mal placée. La désorientation causée par l’absorption peut aussi causer l’inverse de l’inattention. Une personne peut être particulièrement concentrée sur une activité, un jeu vidéo…

Les comportements liés aux TDA sont l’hyperactivité, l’hypoactivité, l’impulsivité et l’inattention. La vision de Ronald Davis pour chacun de ces comportements en tenant compte de la désorientation est la suivante :

  • hyperactivité et hypoactivité sont les conséquences de la désorientation spontanée qui s’accompagne d’un changement dans la perception du temps et d’une inversion des sens de l’équilibre. L’hyperactif a son horloge interne qui s’accélère, au bout d’une heure il pense que deux heures se sont écoulées, le monde semble aller trop lentement pour lui, il a plus de temps qu’il meuble par des activités supplémentaires. L’hypo actif (léthargique) a son horloge interne qui est ralentie, une heure semble une demi-heure, le monde semble aller trop vite. Aussi, quand il y a désorientation, la personne se sent déséquilibrée comme devant la spirale tournante ! Pour contrer cet effet, la personne peut s’adonner à une activité opposée : elle peut créer la sensation d’être assise sans bouger en remuant légèrement (balancer un pied, tambouriner d’une main, triturer un objet…).
  • impulsivité : agir avant de penser ! Nous avons vu que la désorientation modifie les perceptions qui déforment la réalité et empêchent les leçons de vie, empêchent de comprendre le concept de conséquence.
  • inattention : pour Ronald Davis, l’inattention n’est pas le problème car les enfants TDA ont beaucoup d’attention et peuvent être très attentifs mais pas forcément envers ce que l’on attend d’eux puisqu’ils se laissent distraire facilement, qu’ils s’évadent facilement. Il faut vraiment arriver à les passionner, les aider à rester sur une tâche et à devenir multitâches. Il n’hésite pas à déclarer : « Dans la plupart des cas, on devrait parler de ce phénomène non pas comme d’un trouble de l’apprentissage mais plutôt comme d’un trouble de l’enseignement ! ».

Pour Ronald Davis, les personnes pensant en images et ayant développé la dyslexie ont souvent des symptômes de TDA comme les difficultés à se concentrer ou à rester assis immobiles. Et pour cause, il est persuadé que le TDA et le TDAH, tout comme la dyslexie, sont des facettes de la pensée en images.

Dans ses centres, il propose des programmes de maîtrise TDA. Pour lui, les comportements qu’il faut traiter sont associés à l’impulsivité, l’inattention et l’hyperactivité[5]. Ce sont : la difficulté à prendre son tour, agir avant de penser, difficulté à rester assis immobile, courir ou grimper partout, problèmes pour organiser son travail, passer continuellement d’une activité à l’autre, incapacité de finir les tâches demandées, facilement distrait, apparent manque d’attention, difficultés à se concentrer sur les tâches qui demandent une attention soutenue.Pour Davis, ce qui est déjà en place ne peut pas être retiré mais on peut ajouter des connaissances qui annuleront les anciennes. Il faut donner l’habitude à l’enfant de s’organiser, planifier, effectuer à temps les tâches, faire des activités physiques, lui permettre de bouger.Les enfants ayant un TDA ont tout particulièrement besoin de développer un centre d’intérêt qui leur permettra de développer leur capacités et de se revaloriser.

Catherine Chemin


[1] Professeur-chercheur au Département de psychiatrie de l'Université de l'État de New York Upstate Medical University et psychologue, propose 10 principes directeurs dans l’éducation des enfants TDA http://www.memoireonline.com/03/07/394/m_interet-remediation-cognitive-trouble-deficit-attention19.html

[2] Dr Michel Lecendreux, psychiatre, pédopsychiatre à l'hôpital Robert-Debré à Paris, auteur de L'hyperactivité : T.D.A.H - 2007

[3] Le Don d’apprendre

[4] Le Don d’apprendre page 38

[5] Toutes ces corrections sont décrites dans son livre Le Don d’apprendre