6 – 12 ans : découverte de la vie sociale

Bibliographie Pédagogues et pédagogies
Vers 6 ans, l’enfant a acquis une certaine indépendance, puisqu’il est capable de réaliser des activités sans solliciter l’adulte et qu’il parvient à coordonner ses mouvements. Pour Maria Montessori, cette période de 6 ans à 12 ans est une période où il sort de sa première enfance, symbolisée par ce changement physique qu’est la perte des dents de lait, et se tourne d’une autre manière vers le monde. Jusque-là, il avait besoin de découvrir le monde avec ses sens, d’établir des rapports entre les objets, ce qui pouvait se réaliser en vase clos. Maintenant, il s’intéresse toujours aux mêmes objets, mais d’une manière différente. A travers ces objets, il s’intéresse aux actes de l’homme, au pourquoi et au comment l’homme se comporte avec ces objets, il commence à juger. Il entre dans le monde de l’abstrait et découvre la cause et les effets. Il demande : Aide-moi à raisonner par moi-même. Il commence à se préparer à devenir adulte et a besoin de culture, de découvrir le monde et son histoire pour l’aider à développer son raisonnement et sa conscience morale. Pour Maria Montessori, il n’est pas question de suivre certains principes, mais bien de se laisser guider par les besoins inhérents aux différents âges. Cette fois, je m’appuie principalement sur De l’Enfant à l’adolescent (vers 1950).

Pour cela, il a besoin d’élargir son champ d’action, d’avoir des limites plus vastes afin de réaliser ses expériences sociales et il a également besoin de passer au plan abstrait. « C’est donc avec une société plus vaste que l’enfant a besoin d’établir ses rapports sociaux. L’école en vase clos, ainsi qu’elle est conçue aujourd’hui [1950], ne peut plus être suffisante pour lui. Quelque chose manque au plein développement de sa personnalité ; nous remarquons chez lui une certaine régression, des manifestations de son caractère que nous taxons d’anomalies : ce sont tout simplement des réactions à une ambiance devenue insuffisante ; mais cela, nous ne le remarquons pas ; et comme il est entendu que l’enfant doit faire ce que lui dicte l’adulte, même si l’ambiance n’est plus adaptée à ses besoins, s’il manifeste des écarts de caractère, nous disons qu’il est ‘’méchant’’, et nous le corrigeons ; mais, le plus souvent, nous ignorons la cause de cette ‘’méchanceté’’. Or, l’enfant prouve par sa conduite ce que nous venons d’avancer. C’est bien pour ce soustraire au vase clos qu’il ne va plus volontiers à l’école ; il préfère aller pêcher la grenouille ou jouer dans la rue. Ces incidents, qui paraissent superficiels, prouvent ce besoin qu’a l’enfant d’élargir les limites du champ d’action dans lequel il évoluait jusqu’alors… Quand il est placé dans certaines conditions qui la favorisent [la vie sociale], l’enfant manifeste une activité extraordinaire. Son intelligence nous surprend, parce que toutes ses fonctions travaillent de pair, comme il est normal chez l’homme »[53]. Pour Maria Montessori, là encore, si l’enfant est entravé dans ses besoins, il ne peut se développer correctement. A l’enfant qui s’intéresse et pose beaucoup de questions, la tentation est grande pour l’adulte soit de faire taire l’enfant, soit de lui répondre par de trop longues explications. Cela peut être une nouvelle lutte pour l’enfant, tout comme lorsqu’on l’empêchait d’aller là où il voulait aller lorsqu’il commençait à marcher.

La culture permet une bonne motivation à cette période pour la transmission de la connaissance. Entre 6 et 12 ans les facultés de l’enfant sont ouvertes à toutes les sciences. C’est à cet âge que les principes généraux de tous les domaines de connaissances devraient êtres abordés. L’enfant est alors à la conquête du monde. Il brûle de comprendre comment fonctionne celui-ci et jusqu’où il affecte la vie et le comportement des hommes. Si l’on néglige cette période, l’esprit de l’enfant devient artificiellement sourd et refuse toute connaissance par la suite.

Cette période sensible explique la richesse culturelle du cours élémentaire Montessori. L’utilisation du matériel Montessori est spécialement conçu pour les enfants de l’école élémentaire et permet de nombreuses découvertes. Au contraire, ce mode d’apprentissage pourrait repousser les adolescents par sa complexité et semblerait anormal aux adultes.

Maria Montessori pense qu’il faut permettre à l’enfant de tout observer dans l’univers et sur la terre. Il faut l’ouvrir à toutes les disciplines en apportant le tout (frise d’histoire par exemple) et en présentant le détail comme moyen. Pour découvrir la culture, l’enfant a besoin d’avoir une vue d’ensemble, la vision du tout, et a également besoin de passer par le détail. Il est souhaitable de présenter rapidement à l’enfant les principales classifications : animal, végétale et minérale. Pour elle, la classification aide à comprendre et surtout à retenir. « Ce qu’il apprend doit être intéressant, doit être fascinant ». Mais il convient, surtout, de lui faire découvrir le monde de manière réelle par des sorties dans la nature. Par exemple, à travers l’observation d’insectes dans leur milieu naturel vers chez soi, on peut se faire une idée de la vie d’insectes que nous ne verrons jamais : « étudier le détail pour imaginer l’ensemble ». A partir de ces expériences réelles, peuvent surgir des intérêts intellectuels (les climats, les vents…). Pour elle, aucun livre ne peut remplacer la vie réelle qui nous entoure. L’enfant ne se contente plus d’accueillir les faits, il s’intéresse aux causes. Il faut faire comprendre à l’enfant que « tout est étroitement lié sur cette planète, et l’on constate que chaque science n’étudie que les détails d’une connaissance totale. Parler ensuite de la vie de l’homme à la surface du globe, ce sera faire de l’histoire. Et chaque détail prend de l’intérêt, du fait qu’il est étroitement lié aux autres… à cette époque où il existe une espèce de période sensible de l’imagination et, une fois apportée l’idée d’ensemble, il faut montrer que, de chaque branche, part une science : minéralogie, biologie, physique, chimie, etc. ». L’enfant a besoin de comprendre comment le monde fonctionne. C’est pourquoi le matériel de cette tranche d’âge est si riche. « Dans nos écoles, où cette expérience éducative s’est engagée, se manifeste une tendance naturelle à l’extension spontanée de la culture, à l’accroissement des connaissances. Cela apparaît comme un processus naturel. Dès lors, les problèmes de l’enseignement se renversent : le problème pratique du maître n’est plus celui de fournir des connaissances dans un cadre limité, préalablement défini, mais plutôt de ‘’contrôler’’ et ‘’diriger’’ la fougue des enfants »[54]. Le maître fait parti de l’environnement et est un trait d’union. Il est là pour stimuler l’intérêt. Elle soutient également que les enfants laissés libres utilisent des techniques que nous n’aurions pu deviner. Elle a aussi observé qu’après une période de repos ou de vacances, les enfants, non seulement n’ont rien oublié de ce qu’ils ont appris, mais ils se sont enrichis en puisant dans ce qui les a entouré. L’enfant est aussi capable de manifestations improvisées et inattendues comme de s’inventer des exercices très complexes qu’un adulte n’oserait jamais donner car jugé inutile. Les enfants sont mues par un élan vital. Ce dynamisme fait progresser bien plus un enfant qu’un effort volontaire ou imposé. Ils deviennent plus conscients d’eux-mêmes, plus équilibrés avec une plus grande estime d’eux-mêmes et plus de facilité à s’adapter aux autres.

Imagination/imaginaire :Maria Montessori fait bien la différence entre imaginaire et imagination.L’imaginaire représente tout ce qui n’est pas réel. Pour elle, c’est une fuite de la réalité pour palier à une sous-alimentation intellectuelle et manuelle.

L’imagination c’est la faculté d’extrapoler ce que l’on ne connaît pas à partir du réel que l’on connaît, à imaginer au-delà de ses connaissances, comme l’infiniment petit, ou l’infiniment grand et permet la créativité. Pour Maria Montessori, l’imagination est à développer. L’imagination constitue la faculté la plus exacerbée des enfants de 6 à 12 ans. Avant 6 ans, l’enfant a connu un important développement sensoriel en découvrant son environnement avec ses sens. Il a découvert tout ce que ses cinq sens lui ont permis d’observer. A partir de 6 ans, l’enfant a besoin d’explorer tout ce qui échappe à ses sens, et pour cela, il fait appel à son imagination qui est portée à son paroxysme à ce moment là. L’imagination permet à l’enfant de voir dans sa tête tout ce qu’il ne peut voir réellement. L’imagination n’a pas de limite de temps et de lieu. Elle permet de revoir mentalement un objet déjà observé mais aussi de former de nouvelles associations. Cette aptitude permet de voir ce qui appartient au passé, au présent, au futur, mais que l’enfant ne peut pas voir avec ses yeux. Elle permet aussi de voyager dans l’univers, au cœur de la terre ou au pôle nord sans y mettre les pieds. C’est sur cette faculté que se basent toutes les autres facultés de l’enfant.

Pour Maria Montessori, l’adulte devrait « compter ses mots », « ici, il doit être sûr de ce qu’il doit faire, de ce qu’il doit dire, et de la mesure dans laquelle il doit répondre aux questions. Il doit avoir clairement conscience que son devoir est de dire peu, de ne dire que la vérité, et non pas toute la vérité. Ici encore, il doit dire le ‘’nécessaire et le suffisant’’. Ce qui est indispensable à l’enfant, c’est de sentir la sécurité de l’adulte »[55].

Il y a le Ciel et la Terre. « Quand il sont présentés comme faisant parti d’un tout, les moindres détails deviennent intéressants ; et l’intérêt grandit au fur et à mesure que l’on en sait davantage. D’ailleurs, les connaissances que l’on apporte maintenant ne doivent plus être sur la même échelle. Elles ne doivent plus être purement sensibles : il faut maintenant que l’enfant ait constamment recours à son imagination. Comme nous ne pouvons apporter le tout, c’est à l’enfant à l’imaginer. L’instruction des enfants de 7 à 12 ans doit faire appel à leur imagination. C’est de cette imagination que doit surgir la représentation de la réalité ; il faut donc être rigoureusement précis et exact : l’exactitude, comme le nombre, et comme tout ce qui est mathématique, servira à construire cette représentation de la réalité». Pour elle, il faut frapper l’imagination par des ordres de grandeur et par le mystère. « L’imagination ne devient grande que lorsque l’homme, grâce au courage et à l’effort, s’en sert en vue de quelque création ; autrement, elle ne s’adresse qu’à un esprit vagabondant dans le vide ». Elle nous dit encore que « L’imagination est la base même de l’esprit ; elle élève les choses sur un plan supérieur, sur le plan de l’abstraction. Mais l’imagination a besoin d’un support ; elle a besoin d’être construite, organisée. L’homme, alors seulement, peut atteindre un niveau élevé, car il pénètre l’infini ». Pour frapper son imagination en lui donnant des repères concrets, elle donne des exemples dans son livre De l’Enfant à l’adolescent : elle parle de l’eau et explique aux enfants que l’on peut se représenter la quantité de calcaire dans le monde par deux fois la surface de l’Europe sur 3048m de haut. C’est aussi expliquer que si un atome était gros comme un ballon de foot, les électrons circuleraient au niveau de la surface du ballon, et le noyau composé de protons et de neutrons seraient gros comme une tête d’épingle au milieu, les électrons et le noyau étant séparés par du vide.

L’imagination dont il s’agit ici n’a rien à voir avec la fabulation ou une fuite de la réalité ; elle s’appuie toujours sur l’alphabet de la réalité pour explorer l’inaccessible et faire preuve de créativité. Einstein disait que l’imagination est l’outil le plus important dans la découverte scientifique. Pourtant la science exige beaucoup de travail et d’expériences avant une découverte. C’est à cause de cette période sensible que les enfants de 6-12 ans sont souvent comparés à de petits scientifiques. Au cours de cette période, les enfants disposent d’une curiosité et d’une endurance à toute épreuve.

Maria Montessori insiste dans plusieurs de ses livres sur le fait que l’enfant est vraiment capable de différencier le réel de l’imaginaire vers 6/7 ans. C’est pourquoi elle insiste également sur le fait que l’adulte ne devrait dire que la vérité à l’enfant pour qu’il puisse être capable d’effectuer ce discernement. Autrement dit, l’adulte ne devrait pas parler ou présenter des choses irréelles à l’enfant de moins de 7 ans, car c’est prendre le risque d’avoir un enfant qui pourrait avoir du mal à faire la différence entre le réel et l’imaginaire après 7 ans, ou prendre le risque que l’enfant se perde « dans la fantaisie, dans le monde du fantastique ». Les enfants qui ont baigné dans l’irréel avant 6 ans peuvent avoir du mal à différencier le réel de l’irréel, cela peut même créer d’énormes confusions et l’empêcher de se construire, de devenir conscient et responsable. Les choix éducatifs doivent permettre à l’enfant de s’enraciner dans la vie réelle. Pour Maria Montessori, il convient donc de proscrire avant 6 ans tout ce qui peut mettre en avant l’irréel, que ce soit le téléphone à roulette, le livre de bain, les histoires mettant en scène des animaux parlant ou agissant comme des hommes, les histoires de fées, de sorcières…

Les jouets

Maria Montessori pense qu’il est primordial de donner à l’enfant de beaux objets, en matières nobles, des objets miniatures correspondants à ceux qui existent « réellement » pour les adultes : petites voitures, dînette, poupée… en bois, en fer, en porcelaine. L’enfant a besoin d’imiter l’adulte à son échelle pour se construire, il n’a pas besoin de se distraire. L’adulte ne doit pas jouer avec l’enfant, dans le sens où il ne doit pas participer au jeu d’imitation. Par exemple, il ne doit pas faire semblant de manger la soupe de son enfant. C’est l’enfant qui joue, et non l’adulte. Elle affirme : « L’adulte étouffe souvent l’instinct d’agir qui caractérise l’enfant, il l’empêche de vivre, de faire quelque chose d’utile, d’accomplir de grands efforts ; il fait obstacle à la tendance à développer son esprit selon les lois naturelles. Par conséquent, l’activité de l’enfant prend des chemins erronés, se tourne vers mille et une choses inutiles, des jouets et des frivolités, qui ne servent à rien. Un découragement inconscient – qui agit en le paralysant fatalement – réduit l’être, destiné à vaincre tous les obstacles du monde, à déchoir dans l’inertie résignée et dans la paresse » (1923).

La morale : au cours de cette période de 6 à 12 ans, l’enfant construit sa pensée autonome et intellectuelle. Il a besoin de vivre en société et de comprendre les gens et leurs actes, les raisons de ses actes, les limites et les lois qui régissent notre vie. Il s’ouvre aux valeurs morales et semble même obsédé par la morale à cette période. Il se préoccupe de définir ce que sont le bien et le mal, devient sensible à la justice, s’intéresse aux relations entre les individus. Dès que l’enfant comprend la relation entre ses actes et les besoins des autres, il forme le concept de justice et cherche à en établir les règles.

C’est vers 6, 7 ans que commence à se développer sa conscience. L’adulte doit maintenant être attentif au plan moral. L’enfant découvre un nouveau monde, le monde de l’abstrait et s’intéresse au comment et au pourquoi.

Maria Montessori est convaincu que les besoins de l’enfant doivent être respectés pour sa construction intérieure. « Considérer l’école comme l’endroit où l’on débite l’instruction, c’est un point de vue ; mais considérer l’école comme une préparation à la vie, c’en est une autre. Et dans ce dernier cas, l’école doit satisfaire à tous les besoins de la vie ». A ce titre, Maria Montessori convient que le scoutisme apporte, en dehors de l’école, une vie organisée, invitant l’enfant à se dépasser et favorisant l’engagement. C’est, pour elle, un très bon complément à l’école pour l’apprentissage de la vie sociale. Elle pense que ce mouvement permet vraiment à l’enfant de s’ouvrir aux principes moraux car ce que l’on doit et ce que l’on ne doit pas faire y est clairement établi. C’est ce qu’elle nomme la naissance de la dignité. Pour elle, l’enfant apprécie de s’engager à accepter des règles de vie, de porter la responsabilité de ses propres actions et cela donne sens à cet environnement qui comporte des limites morales. Encore une fois, l’enfant prouve qu’il est capable de bien plus que ce qu’on pourrait en attendre. Ce mouvement offre également des activités physiques, développe le sens de l’effort et une vie un peu plus rude. Les possibilités d’actions de l’enfant deviennent subordonnées à sa conscience.

Maria Montessori insiste sur la nécessité de veiller à intéresser l’enfant à « une activité extérieure à laquelle il consacrera toutes ses possibilités. Il s’agit de lui apporter la liberté et l’indépendance en l’intéressant à une réalité que son activité lui fera découvrir par la suite. Et c’est pour lui le moyen de s’affranchir de l’adulte ».

A cet âge, l’enfant aime aider son prochain, ne pas trahir ses copains, rester fidèle à ses promesses, respecter le code moral. Il admire la loyauté et la responsabilité. Il s’indigne de la moindre injustice. C’est aussi à cette époque que l’enfant connaît une période de sociabilité accrue. Alors que le petit enfant avait du mal à partager, l’enfant de 6-12 ans est généreux avec les autres. Les observateurs peuvent facilement remarquer comme il lui est facile de former des groupes de copains, d’inventer des règles du jeu et de s’y tenir.

A partir de 7 ans, l’enfant est capable de comprendre qu’il faut, par exemple, choisir sa manière de s’habiller et de se chausser en fonction du but de la sortie. L’enfant s’intéresse aussi à l’entretien des vêtements, etc. et prend goût à être en ordre sur lui-même et ne pas laisser le désordre là où il est passé. C’est le début du raisonnement de cause à effets et le début des expériences sociales. Tout cela permet d’éveiller la conscience. « Un enfant, enfermé dans ses limites, même vastes, reste incapable de se valoriser, n’arrivera pas à s’adapter au monde extérieur. Pour qu’il progresse rapidement, il faut que la vie pratique et la vie sociale soient intimement mêlées à sa culture… la culture et l’expérience sociale doivent s’acquérir à la fois »[56].

Maria Montessori a la certitude, après avoir observé les enfants, que ceux-ci lui ont donné la solution. En effet, sans effort particulier, avec simplement un environnement adapté, un matériel spécialement conçu pour les aider à découvrir seul leur environnement, les enfants ont démontré qu’ils aimaient travailler, « que le travail est une nécessité de la croissance aussi indispensable que l’aliment pour le corps, et que la liberté et la discipline ne sont rien d’autre que deux aspects de la même chose. Vérités stupéfiantes que, seul, l’enfant pouvait révéler ». Ainsi, les enfants des écoles Montessori aiment travailler, et se passionnent, à cet âge, pour les recherches minutieuses, les raisonnements autour d’une difficulté particulière, l’algèbre, les puissances algébriques… Les enfants découvrent seuls des théorèmes de géométrie… « Quand on assiste à ces faits répétés, on se rend compte qu’une des souffrances mentales des enfants dans les écoles ordinaires doit être l’ennui de devoir étudier des choses trop faciles et qui ne prêtent à aucune gymnastique de l’intelligence ». L’ennui ne lui permet pas de fixer son attention et l’étude forcée ne l’aide pas à aimer le travail. La psychanalyse de l’époque savait déjà que les mathématiques provoquaient des barrières mentales qui pouvaient perdurer toute la vie. Et en effet, ce sont bien les mathématiques que les enfants des écoles Montessori préfèrent comme matière, car elles sont parfaitement propices à la gymnastique de l’esprit.

Catherine Chemin


[53] De l’enfant à l’adolescent - 1958

[54] La Formation de l’Homme - 1949

[55] De l’enfant à l’adolescent - 1958

[56] De l’enfant à l’adolescent - 1958