Introduction

Bibliographie Pédagogues et pédagogies

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La pédagogie Montessori : un trésor de bienfaits !

La pédagogie Montessori est très utilisée par les familles instruisant à la maison, car elle représente un trésor de bienfaits pour les enfants.

Le premier trésor de l’enseignement Montessori, c’est que cette méthode convient parfaitement à tous les différents fonctionnements de l’enfant et respecte le rythme de chacun. Chaque nouvelle notion est abordée avec un matériel spécifique, ce qui permet à l’enfant, qu’il soit auditif, visuel ou kinesthésique, de comprendre en utilisant son mode d’entrée préféré, tout en étant invité à faire travailler ses autres entrées. Le matériel est conçu de façon à permettre à l’enfant de bouger (pour Maria Montessori, un enfant apprend en bougeant) et à ce que chaque difficulté soit isolée (exemple pour l’écriture : l’exercice consistant à chercher comment écrire un mot se fait avec des lettres mobiles et l’exercice consistant à chercher à se perfectionner dans le graphisme se fait en recopiant). Le matériel prévoit différentes étapes que chaque enfant effectuera à son rythme. Parfois, la présentation suffira pour l’assimilation de la notion, parfois l’enfant devra rester sur une étape quinze jours, trois semaines ou même un mois. Chacun avance à son rythme.

Le deuxième trésor de l’enseignement Montessori, c’est la conquête de l’indépendance et de l’autonomie de l’enfant. Grâce à des exercices de vie pratique et de vie sensorielle présentés à l’enfant dès 2 ans ½ - 3 ans, celui-ci va s’approprier les outils nécessaires à la construction de son MOI. En effet de 3 à 6 ans, l’enfant réclame à faire les choses par lui-même, tout seul, et il en ressent une grande joie intérieure. Maria Montessori connaissait ce besoin vital de l’enfant et y répondait en lui donnant du matériel pédagogique adapté à ses besoins de maîtrise gestuelle pour appréhender son environnement et la vie au quotidien. Chaque matériel est en lui-même une situation pédagogique avec un objectif pédagogique qui permet les apprentissages psychomoteurs, intellectuels et scolaires proprement dits. Basée sur l’éducation des sens, en priorité le toucher, cette méthode d’apprentissage répond au besoin fondamental de l’enfant de manipuler des objets (besoin fondamental pour 80% des enfants). Pédagogie sensorielle par excellence, elle permet donc à l’enfant de se construire dans le Réel, à partir de situations concrètes, pour, progressivement, par étape, en suivant le rythme d’acquisition de l’enfant, arriver à la maîtrise des connaissances scolaires abstraites d’une part, et à la maîtrise des gestes du quotidien d’autre part.

Le troisième trésor de l’enseignement Montessori, c’est le développement de la conscience individuelle de l’enfant. Chaque situation pédagogique s’exerce avec un matériel unique, toujours disponible, à la disposition d’un seul enfant à la fois. Nous avons donc une pédagogie individualisée. L’autonomie de l’enfant passe par la maîtrise de ses pulsions, par une richesse de la vie intérieure, ce que permet la pédagogie individualisée. En travaillant seul, en assimilant ce qu’il a appris, l’enfant prend plaisir à faire ce qu’il fait, et il éprouve une joie intérieure en se concentrant sur une tâche pour aboutir à une victoire gestuelle, à une conquête d’indépendance. C’est aussi une pédagogie non compétitive, basée sur l’observation, développant la concentration, l’application, le calme intérieur. En effet, Maria Montessori a un grand principe d’éducation : elle compare l’enfant à une « éponge » et parle ainsi de « l’esprit absorbant » de l’enfant. Ce principe est puissant dans sa méthode car c’est le pilier sur lequel repose cette dernière. L’environnement que l’on propose à l’enfant est donc primordial, et les premières présentations de chaque situation pédagogique également. Absorbant chaque geste et chaque parole, l’enfant s’imprègne et restitue à son tour le modèle que l’adulte lui a transmis. D’où le sérieux et le « solennel » des premières présentations du matériel pédagogique. En dehors de ces moments scolaires proprement dits, l’ambiance de vie en général est à privilégier puisque l’enfant s’imprègne comme une éponge de tout ce qui l’entoure. L’enfant a besoin de sécurité affective, de repères spatio-temporels fixes, de valeurs morales sûres qui vont l’aider à se construire dans sa personnalité. La famille l’aide à se construire de l’intérieur et en sécurité.

Qui est Maria Montessori ? Que nous enseigne-t-elle ?

Historique

Maria Montessori (1870-1952) fut la première femme médecin italienne en 1896 et elle a complété sa formation par des études en biologie, philosophie et psychologie. Nommée assistante à la clinique psychiatrique de Rome dès 1896, elle s’intéresse particulièrement aux enfants handicapés. Elle émit l’hypothèse que les soi-disant déficiences étaient peut-être liées aux conditions de vie inhumaines de ces enfants, et que la solution serait peut-être plutôt pédagogique que médicale. Effectivement, en leur offrant un environnement favorable, certains passèrent le certificat d’étude comme les autres. Puis, elle dirige une école d’orthophrénie pour adolescents déficients. Elle se passionne pour la pédagogie et étudie les écrits du docteur Itard et d’Edouard Séguin. Comme eux, elle pense que « le développement des sens réveille l’activité musculaire et motrice, et avec elle, l’intelligence ». Dans une classe d’application attachée à cette école, Maria Montessori élabore sa méthode dans une démarche expérimentale et scientifique. Les enfants évoluent librement dans « un environnement préparé » qui répond à leurs besoins en respectant les étapes de leur développement. Elle observe ce qu’elle appellera des périodes sensibles. Les progrès de ces élèves déficients (dits débiles à l’époque) font l’admiration de tous. Le ministre de l’Instruction publique italien Guido Baccelli lui confie les enfants défavorisés, livrés à eux-mêmes et non scolarisés, du quartier ghetto de San Lorenzo à Rome. La première « Casa del Bambini » naît en 1907 dans ce quartier défavorisé de Rome. Maria Montessori commence à concevoir une application de sa méthode aux enfants dits normaux pour les aider dans le développement de leur intelligence et de leur personnalité et développe alors sa pédagogie. L’expérience est un succès et d’autres « Casa del Bambi­ni » s’ouvrent en Italie. Grâce à ses activités d’enseignement, ses cours internationaux entre 1913 et 1951 et ses conférences de médecine, Maria Montessori fait connaître le résultat de ses recherches dans le monde entier. En 1934, elle quitte l’Italie et la dictature fasciste de Mussolini incompatible avec ses idées humanistes. Installée en Inde pendant la guerre, soutenue par Gandhi, Nehru et Tagore, elle participe à la formation des enseignants et contribue au gigantesque effort éducatif du gouvernement indien. En 1949, elle se fixe définitivement en Hollande où elle meurt le 6 mai 1952.

Maria Montessori est devenue une grande pédagogue par sa formation, son expérience et ses observations auprès des enfants en tant que médecin. Observations qu’elle a menées dans divers pays et de cultures bien différentes et qui lui ont permis de déterminer les besoins fondamentaux de tous les enfants. Ce sont tous ces enfants, a priori bien différent, qui lui ont révélé les connaissances qui lui ont permis de créer sa pédagogie. Elle a acquis la certitude que notre monde a un besoin urgent d’être reconstruit, et que cela ne peut passer que par un changement de l’éducation. Pour elle, l’enfant est capable de changer le monde si on lui permet de grandir en accord avec ce que la nature a prévu, car l’enfant est le constructeur de l’homme. L’éducation nouvelle doit avoir pour but principal de chercher à développer les potentialités humaines et cette éducation doit commencer dès la naissance.

Maria Montessori n’est pas une idéologue. Elle a fait partie du mouvement de l’éducation nouvelle qui s’est développé en Europe dans les années vingt, mais, très vite, elle s’en démarque en revendiquant sa particularité. Pour elle, il ne s’agit pas de réformer la pratique pédagogique, mais de considérer fondamentalement l’enfant autrement, afin qu’il puisse libérer ce potentiel qui est en lui.

Laure et Catherine Chemin