Pédagogie Maria Montessori à la maison

Bibliographie Pédagogues et pédagogies
La pédagogie Montessori n’est pas seulement une pédagogie, c’est aussi et même surtout une philosophie de vie qui concerne l’éducation dans sa globalité. Maria Montessori affirme qu’il en va de l’avenir de l’humanité. Pour elle, le monde de l’adulte ne convient pas à l’enfant, il est nécessaire de lui créer une ambiance adaptée pour qu’il conserve son âme. Le leitmotiv de Maria Montessori est : « Aide moi à faire seul » pour les plus jeunes. Le but étant de faire de l’enfant un adulte conscient et responsable, capable de s’adapter dans notre société et dans le monde en évolution constante et qui puisse développer au maximum sa personnalité pour trouver sa réelle vocation. S’intéresser à la pédagogie Montessori et la pratiquer, doit passer par la lecture de quelques ouvrages (voir bibliographie) afin de mieux comprendre sa perception de l’enfant.

Nous pouvons observer que certains parents estiment que la pédagogie Montessori ne convient pas à leur enfant, et que cette pédagogie, comme d’autres, ne peut convenir à tous les enfants. D’une part, à son époque, Maria Montessori ne relève aucune difficulté particulière au niveau des enfants de ses classes, aucun dysfonctionnement. A travers tous ses livres, on a vraiment l’impression que tous les enfants apprennent bien. Certes, certains peut-être plus rapidement que d’autres, mais c’est tout. En gardant à l’esprit que Maria Montessori propose avant tout une philosophie de vie, il convient d’affirmer que ce n’est pas seulement l’enseignement qui est en jeu, mais l’éducation au sens large du terme, ou alors, « nous n’aurons que des hommes cultivés. Mais, nous en avons déjà tant ! ». La philosophie de Maria Montessori pourrait même s’appliquer sans aucun matériel ! L’adulte doit en permanence regarder l’enfant en se demandant : qui es-tu ? De quoi as-tu besoin pour grandir, pour développer ta personnalité ? On peut très bien proposer le matériel Montessori à un enfant, mais si, au fond de nous, nous ne voulons que imposer un savoir, des connaissances, un comportement, une discipline… cela ne peut marcher. Le parent crée l’ambiance.

Dans ses écoles, les classes voulues par Maria Montessori sont organisées par tranches d’âge : 3-6 ans, 6-9 ans, 9-12 ans (stade d’évolution différents). Elle a pu observer, dans tous les pays de cultures très diverses où elle a travaillé, le même phénomène : après quelques semaines ou mois d’utilisation de ce matériel, l’enfant « se normalise ». A un moment donné, l’enfant va commencer à se concentrer sur un matériel, et à partir de là, il va cesser d’être turbulent, envieux, jaloux... tous ces adjectifs négatifs que l’on peut attribuer à un enfant en pensant qu’ils sont normaux et que cela passera, alors qu’en fait ce sont des perversités qui s’installent par manque d’occupation intelligente. Après ce départ de concentration, l’enfant devient plus calme, plus attentif aux autres, plus respectueux du bien commun,... et se prépare donc réellement à la vie en société. Le matériel est mis à disposition de l’enfant, et celui-ci peut s’en servir, après une présentation de l’adulte, autant de fois qu’il le désire et dans l’ordre qui lui convient. L’adulte est là pour veiller à ce qu’il s’en serve correctement et pour observer son évolution, afin de lui présenter un nouveau matériel au moment opportun. L’enfant progresse à son rythme. Le matériel conçu par Maria Montessori permet à l’enfant une autocorrection. On peut craindre que l’ambiance d’une classe soit un peu anarchique, il n’en est rien. Tout se passe dans la discipline qui ne s’apprend pas mais s’impose d’elle-même. Une anecdote résume très bien l’état d’esprit d’un enfant qui évolue dans une ambiance Montessori : Dans une Casa del Bambin de Rome, une dame de la bourgeoisie vint pour visiter la classe, comme cela se faisait souvent à l’époque, et dit aux enfants « alors comme ça, ici, vous faites ce que vous voulez ? », un enfant de quatre ans lui répondit « non madame, nous voulons ce que nous faisons ». Maria Montessori veut amener l’enfant à faire exprès tout ce qu’il fait.

La démarche, l’expérience de l’enfant doit être vécue individuellement, pour permettre le développement non seulement de son orientation spatiale, de la coordinations de ses mouvements, des réponses de ses systèmes nerveux, et musculaires aux commandes cérébrales, de la précision de ses gestes et de la maîtrise de lui-même – d’où découle la concentration - mais aussi de sa capacité de penser par lui-même, de rechercher non pas le dépassement de l’autre, mais le dépassement de lui-même. Toute notion de compétition disparaît, car la construction de l’enfant ne se fait pas sur le plan collectif, mais sur le plan individuel : la construction du collectif commence toujours par la construction de l’individuel. La connaissance, la maîtrise et la commande de son corps, l’orientation spatiale, la marche vers l’autonomie sont les bases qu’un enfant peut développer à la maison et sur lesquelles les apprentissages scolaires prendront appui.

Le développement se traduit par des périodes au cours desquelles l’enfant éprouve un appel et un intérêt presque irrésistible pour un aspect particulier de son environnement. La pédagogie, que propose Maria Montessori, est donc entièrement basée sur les besoins de l’enfant et reflète cet ordre général sans négliger les fonctionnements et les particularités liées à chaque individu. Cette pédagogie favorise donc la poursuite des acquisitions de l’enfant selon son propre rythme, dans la continuité des apprentissages de bases comme toucher, regarder, s’asseoir, se lever, marcher, parler, etc. Les périodes sensibles, lors ­qu’elles sont respectées, permettent à l’enfant de faire ses acquisitions avec enthousiasme et facilité. Elles constituent des opportunités pour former et ouvrir l’intelligence au bon moment. Ce qui entraîne le développement de l’estime de soi, le goût du travail et l’envie d’apprendre. Une fois cette période sensible passée, l’enfant aura plus de difficultés et devra consentir beaucoup plus d’efforts pour développer ce qui n’a pas été acquis à temps. La connaissance de ces périodes sensibles aide l’éducateur à avoir l’attitude la plus appropriée. Elles aident à être en phase avec l’enfant et ses besoins.

Catherine Chemin